Refonder le discours politique

La crise de confiance des Français dans leur classe politique n’est pas nouvelle. Elle s’est encore aggravée avec la succession de scandales récents, et surtout face à la constante vacuité d’un discours politique qui ne semble que promettre en dehors de toute réalité. Alors que l’on presse le politique d’être exemplaire et surtout transparent, le besoin d’une refondation de la manière de penser et d’envisager le politique, le besoin de consistance n’en est que plus urgent.

Dans cette exigence, les mots ont toute leur importance. Il ne s’agit pas d’établir ici une liste d’éléments de langage, mais de montrer que changer le politique, c’est aussi en repenser le vocabulaire ou simplement en retrouver et préciser le sens. Pour cela, il semble nécessaire de toujours garder à l’esprit ces deux questions indissociables : qu’est-ce que le politique ? et que fait-il ?

Notons tout d’abord que le politique contient et précède tout à la fois la politique. Le politique « permet à la société de tenir ensemble », selon les termes de Marcel Gauchet (L’Avènement de la Démocratie, 2007). La politique, notion plus récente, est « le pouvoir par représentation, légitimé par le vote ». Distinguer entre le et la politique c’est aussi évoquer un rapport différent au temps, entre longévité de la société politique et immédiateté du calendrier électoral. Sur ce sujet, un équilibre indispensable reste à trouver.

Pour cela, il apparaît urgent que l’homme politique français quitte le domaine de l’utopie ou de l’électoralisme pour se confronter aux réalités d’un pays en crises, économique mais aussi morale, identitaire, et donc politique. Abandonner le discours verbeux ou idéologique est une condition pour préserver la société – et ainsi éviter le règne du plus fort – pour la transmettre et en garantir l’existence aux générations futures. Il s’agit de trouver le point d’équilibre entre émancipation de notre société par rapport aux générations précédentes et enracinement dans une tradition et un passé compris et respectés, mais aussi d’inscrire l’action politique dans le temps, et loin d’un conservatisme fossilisant, de réaliser les adaptations nécessaires tout en prenant en compte les aspirations du corps politique français.

Il semble ainsi nécessaire d’étudier les notions suivantes pour déterminer la façon de faire le politique :

– les vertus du politique

principe de réalité et conscience droite pour permettre un vrai discernement politique.

– des principes plutôt que des valeurs (Chantal Delsol) pour éclairer le jugement politique, renforcer et asseoir une identité politique dans le cadre de la nation

– équilibre entre autorité et liberté, pour donner toute sa place à la société civile et valoriser la subsidiarité

– équilibre entre les droits et devoirs du citoyen.

représentation des citoyens par l’élu (et pas forcément représentativité), qui passe par la prise en compte des aspirations des citoyens (place de l’initiative populaire et du référendum).

Il apparaît également nécessaire de préciser et de distinguer ce qui doit être le moteur et la cause finale de la société (qui fait le fondement de tout discours et programme politique) :

– atteindre et concourir à l’intérêt général, dans une logique de court terme et en ayant conscience que cette finalité doit être sans cesse réactualisée

– tendre et participer au Bien Commun, dont il faut préciser le fondement moral puisqu’il engage à long terme…

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