Prison et réintégration

Envisager la prison comme lieu de réintégration

En France, le concept de peine est source de tensions au sein même du dispositif judiciaire. Par une peine sévère, le juge satisfait la société encline à voir les justiciables écroués, ainsi que les associations de victimes. Par une peine plus légère, il peut manifester sa volonté de préférer l’avertissement à la punition et son souci de ne pas saturer des établissements pénitenciers déjà surchargés.

L’administration pénitentiaire, chargée de l’application des peines, est, en effet, elle aussi, confrontée à de nombreux défis ‒ défis d’organisation, de sécurité et d’intégration. Ainsi, au 1erjanvier 2014, près de 1000 places de prison manquaient pour accueillir l’ensemble des 67 000 personnes jugées dangereuses écrouées en France[1].

Or, si les conditions de vie des détenus interpellent et font l’objet d’une médiatisation récurrente, celles de leur réintégration sont davantage occultées. Pourtant, les missions des administrations judiciaires et pénitentiaires ne sont plus seulement de punir et de surveiller : paradoxalement, le lieu de la privation des libertés est aussi devenu, du moins dans les discours, celui de l’apprentissage de la réinsertion sociale. Force est néanmoins de constater qu’avec un taux de réitérants de 28,2% en 2013[2], la marge de progression pour réintégrer les détenus reste encore considérable…

Le défi de la réintégration des prisonniers dans la société est donc majeur, et les difficultés éprouvées sont réelles. Comment concilier dans un même écosystème protection de nos concitoyens (par la mise à l’écart des individus jugés néfastes pour l’ensemble de la société), prise de conscience par les détenus de la portée de leur peine, et enfin préparation à leur réintégration ? Entre angélisme et sécuritarisme, quelles politiques réalistes de réinsertion peuvent-elles être instaurées dès la prison ?

Voici les questions que nous aborderons, forts d’études d’ouvrages et de rapports, mais aussi de rencontres de professionnels et d’acteurs associatifs.

[1] Source : Ministère de la Justice et des Libertés ; Statistique mensuelle de la population écrouée et détenue en France, 1er Janvier 2014

[2] Source : Ministère de la Justice et des Libertés ; Les chiffres-clés de la Justice. 2013, 1er Janvier 2014

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