Agir pour la paix

  1. Porter un regard lucide sur l’état du monde

  • Prendre en compte l’émergence de référentiels juridiques et éthiques émanant de sphères culturelles autres que les sphères occidentales.
  • Ne pas évacuer les conflits inter-étatiques comme appartenant à un âge révolu.
  1. Reconnaître les limites du droit et des institutions internationales

  • Être conscient des limites des concepts que sont le droit d’ingérence et la responsabilité de protéger.
  • Favoriser le principe de subsidiarité lors de l’intervention des Nations-unies sur le terrain, en appuyant les acteurs et organisations locaux.
  1. Réformer la défense européenne

  • Rétablir le lien armée-nation en Europe par des actions d’affermissement du devoir de mémoire, sans tenir le rétablissement de la conscription pour le remède miracle.
  • Profiter du basculement de la puissance américaine vers l’Asie pour engager une véritable réflexion sur la défense européenne, et en particulier sur les rapports PESDC/OTAN, qui ne soit pas biaisée par les considérations budgétaires : la fonte des budgets militaires européens est la conséquence, et non la cause, de l’absence de vision stratégique commune.
  1. Tenir un langage de vérité

  • Eviter autant que possible les tournures moralisatrices dans le discours politique justifiant les interventions, et en particulier les références à la notion de « guerre juste ».
  • Ne pas faire du caractère ultime du recours à la force un absolu et être conscient en particulier des conséquences humaines que peuvent avoir les sanctions économiques.
  • Accepter l’existence de motifs d’intervention autres que les motifs strictement humanitaires.
  • Evaluer le caractère judicieux de l’intervention au cas-par-cas, suivant les circonstances, en évitant les simplifications et les amalgames.
  1. Faire émerger une politique extérieure européenne fondée sur les atouts des Etats-membres

  • Ne pas évacuer l’idée d’adversaire et ajuster la réponse de l’Europe aux intentions réelles de ses interlocuteurs.
  • Fonder la promotion de l’intervention sur le principe de dignité humaine présente dans l’héritage spirituel et philosophique de l’Europe.
  • Faire valoir la spécificité européenne dans l’approche de la gestion des crises et briser en particulier l’amalgame systématique entre politique américaine et politique européenne.
  • Conserver à l’usage de la force son caractère régalien, en encadrant de façon très stricte le recours aux sociétés militaires privées.
  1. Rechercher de nouveaux outils de résolution des crises

  • Promouvoir une approche globale des crises articulant efficacement diplomatie et défense.
  • Explorer les synergies potentielles entre les différents outils, tout en laissant chaque acteur agir spécifiquement dans son champ, dans une logique de subsidiarité.
  • Promouvoir autant que possible la formation des armées étrangères par les militaires français.
  • Limiter le rôle de l’outil militaire à celui d’un moyen de coercition et de sécurisation, et non pas de construction, de développement ou de gouvernance.
  • Explorer les usages « hors-guerre » de la force fondés sur la démonstration de puissance.
  • Promouvoir la non-violence là où celle-ci peut remplacer efficacement l’usage de la force.

 

« Agir pour la paix » : le rapport

Téléchargez le rapport « Agir pour la paix » en version pdf.

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