En Europe, l’Etat-nation apparaît comme le corps social le plus légitime à entretenir. L’Etat, « forme entièrement liée à une matière qui est une nation », selon la formule de Maurice Hauriou, doit donc tout à la fois être préservé avec ses prérogatives régaliennes, dans une logique de subsidiarité ; mais il doit aussi cultiver sa légitimité en suscitant l’adhésion à la nation. L’Europe, constituée des nations, ne semble pas en mesure de se substituer à la nation comme espace politique. Pour qu’un véritable espace politique commun émerge, encore faudrait-il parler la même langue. L’Union européenne ne peut donc être un pur dépassement des nations. L’histoire de l’Europe, jusqu’à présent, est essentiellement celle des nations qui la constituent. Pour Fonder demain, valoriser l’héritage national n’est pas un obstacle à l’unité européenne mais une condition fondamentale.

Fonder demain encourage toute démarche qui vise la transmission aux citoyens du patrimoine culturel national dans toute sa profondeur historique, sans sélectivité outrancière, en l’inscrivant dans celui de l’Europe et en visant l’adhésion à ce patrimoine.

Si de nombreux problèmes exigent d’être traités à un niveau supranational pour recevoir une solution satisfaisante, certains peuvent légitimement continuer d’être assumés au niveau national, et ce parfois de manière exclusive. Dans le respect des engagements auxquels les Etats ont souscrit au plan européen, ils doivent ainsi pouvoir disposer des moyens souverains de leur action.

  • Fonder demain, considère que les nations européennes doivent demeurer entièrement souveraines dans les domaines régaliens des affaires étrangères, de la défense, de la justice ou des choix économiques stratégiques, comme la définition de son bouquet énergétique, mais également dans des domaines comme la culture, les régimes linguistiques, l’éducation ou la politique familiale.

S’agissant du déficit démocratique des institutions européennes, un certain ressentiment émerge envers les institutions européennes accusées de prendre des décisions qui devraient rester du ressort des Etats-membres. Une large majorité de Français (70 % des sondés, + 5 points par rapport à janvier 2013) plaide ainsi pour un renforcement des pouvoirs nationaux au détriment de ceux de l’UE. Dans une économie et une société mondialisées, un repli national et un désengagement européen pourraient pourtant s’avérer dommageables pour les intérêts nationaux. Une solution consisterait à intéresser les citoyens au fonctionnement de l’Union européenne par une meilleure compréhension du fonctionnement des institutions européennes, une responsabilisation des gouvernements qui participent à la négociation européenne, et enfin un engagement pragmatique et déterminé, articulé sur la défense de l’intérêt national dans les enceintes européennes.

  • Fonder demain propose d’améliorer la communication à l’égard des citoyens sur le fonctionnement des institutions européennes en rappelant les principes démocratiques qui les régissent (rôle central des chefs d’Etat et de gouvernement, responsables politiquement au plan national, et du Parlement européen, élu au suffrage universel direct) et les possibilités existant pour les citoyens de participer à la définition des politiques européennes ;
  • Fonder demain invite les membres des gouvernements à une responsabilisation de la parole politique par le refus de rejeter systématiquement sur les institutions européennes les conséquences d’une décision à laquelle ils ont parfois personnellement souscrit pendant sa négociation ;

Fonder demain propose enfin de renforcer la présence française au sein des institutions de l’Union européenne, afin de saisir toutes les occasions d’influer très en amont sur la négociation des textes pour les rendre les plus conformes possibles aux intérêts des citoyens.

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