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Groupe de travail n°5

Famille et Cité

Considérée tantôt comme le lieu du repli identitaire s’opposant à la construction du « vivre-ensemble », tantôt comme le lieu de tous les déterminismes nuisant au plein épanouissement de l’individu, la famille suscite, en politique, un malaise certain. La multiplication des modèles familiaux dans les dernières décennies accroît le mal-être, des individus cette fois, qui ne se reconnaissent pas dans un modèle dit traditionnel de la famille.

Pourtant, davantage encore en temps de crise économique, les Français continuent d’accorder une importance primordiale à leur famille. En témoigne une étude réalisée en décembre 2010 par l’institut de sondage Ipsos, 81% des Français considèrent que les moments qu’ils préfèrent sont ceux passés en famille, et 74% des français souhaitent pouvoir lui consacrer plus de temps. Les 16-24 ans semblent y accorder encore plus d’importance que leurs aînés : 47% considèrent s’être rapprochés de leur famille durant les 5 dernières années, 6% s’en être éloignés, une proportion qui s’élève respectivement à 38% et 20% à l’échelle nationale.

Mais qu’est-ce, au fond, que la famille ? Par le simple fait qu’elle est composée d’individus uniques, chaque famille renvoie à une réalité unique. Peut-on néanmoins en appréhender l’essence ?

S’il n’existe, en France, aucune définition juridique de la famille unanimement reconnue, il est possible de préciser la définition anthropologique de la famille de sa définition sociologique, plus communément utilisée. Tout être humain appartient à une famille au sens anthropologique du terme – c’est-à-dire à un ensemble unique de personnes, dont le point commun est d’avoir un lien de sang direct ou indirect avec cet individu. Ainsi, deux personnes n’ayant aucun lien de parenté entre elles forment une famille au sens anthropologique à partir du moment où elles ont donné vie, de manière volontaire ou non, à une tierce personne. Historiquement, le modèle juridique de l’adoption plénière s’est construit par imitation stricte d’une anthropologie familiale. La famille au sens anthropologique se distingue donc des autres communautés dans lesquelles un individu est appelé à évoluer :

–          Parce qu’elle est la première communauté où l’individu entre en relation, ne serait-ce que dans le ventre de sa mère biologique,

–          Parce qu’elle est indissociable d’un héritage génétique, patrimonial et / ou social, qui, qu’il soit accepté ou non par l’individu concerné, joue un rôle structurant dans la construction de son identité,

–          Parce qu’elle est la seule communauté dans laquelle l’individu entre de manière non volontaire – du moins, dans laquelle l’individu ne choisit pas les liens qui l’unissent à chacun des autres membres.

La famille au sens sociologique du terme est un ménage constitué d’un ou deux adultes et d’un ou plusieurs enfants partageant le même foyer économique. La multiplication des modèles familiaux à l’heure actuelle nécessite de préciser la nature de la définition sociologique de la famille – celle-ci peut-être adoptive, homoparentale, monoparentale, traditionnelle, etc.

Partant du socle des valeurs commun à toute famille anthropologique, au-delà des époques et des cultures, ce rapport explique pourquoi et en quoi la famille est essentielle à la construction de l’individu et à la survie de la société, malgré les nombreuses blessures dont elle peut faire l’objet. Il propose des recommandations précises pour que le politique, « sphère publique », protège la cellule familiale, « sphère privée », et en particulier la famille « traditionnelle ». Car famille et société ont davantage vocation à se compléter et à s’enrichir mutuellement, qu’à s’opposer.

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