Étiquettes

,

Groupe de travail n°4

Culture et Cité

Dans la Grèce antique comme dans la Chine impériale, la conception de l’éthos voyait dans la musique un instrument susceptible d’agir fortement sur la société. Aujourd’hui nous tendons à mettre en évidence le processus inverse. Un siècle de sciences sociales nous a rendus sensibles à l’influence sur le monde de l’art des facteurs sociaux et économiques. Les arts ne seraient-ils alors qu’une superstructure de la vie économique et ne peut-on envisager qu’ils puissent à leur tour influencer la structure de base ? A la recherche d’un développement humain plus juste, l’on ne peut méconnaître l’irremplaçable participation de la culture à la fécondation des sociétés, dans un milieu déterminé où chaque homme est inséré et où il puise les principes susceptibles de l’aider à promouvoir la civilisation.

Lorsque les anthropologues abordent la « culture », ils ne manquent pas de souligner le caractère complexe de ce phénomène, constitué de l’interaction de nombreux éléments. Ils parlent tout à la fois de culture matérielle (objets, instruments), d’un système socioéconomique (classes sociales, groupes, institutions, associations professionnelles, organismes de production), d’une culture expressive (religion, arts, langage). Ces trois composantes interagissent soit effectivement soit potentiellement dans un système qu’ils constituent, ce qui n’exclut pas toutefois la présence de phénomènes transitoires plus ou moins dysfonctionnels. Un premier travail consistera donc à clairement définir cet objet qui se dérobe, la culture humaine comportant nécessairement un aspect historique et social, un sens sociologique voire ethnologique, et consistant pour l’homme à développer les diverses potentialités de son esprit et de son corps, tant individuellement que collectivement.

A une période qui voit se développer à une vitesse insoupçonnée l’esprit critique par la grâce des sciences dites exactes, l’analyse psychologique profonde des activités humaines, l’examen historique des évolutions intrinsèquement fluctuantes du réel, l’uniformisation des coutumes, et le surgissement de nouvelles formes de cultures filles de l’industrialisation, de l’urbanisation et des communications démultipliées, il s’agit de penser à la fois la tension inhérente à une telle situation et une possible harmonie au sein de la Cité entre individu et collectivité, élites et multitudes, universel et particulier, avenir et passé, matériel et transcendant. Où trouver la personne humaine au cœur de ces antinomies ? Quelle vision de l’Homme se donne et reçoit notre société ? Jusqu’à quel point déconstruit-elle ce qu’elle a reçu et intègre-t-elle ce qu’elle reçoit ? Existe-t-il une via media entre une réaffirmation passéiste et un post-humanisme mondial relativiste  ? Comment, pourquoi et pour qui promouvoir les bienfaits de la culture ?

Rien que cela, nous dira-t-on ? Ayons l’ambition de notre humilité, nous partirons de définitions et de constats d’une part, d’études de cas concrets et de rencontres avec des acteurs divers du monde culturel d’autre part, afin de proposer une synthèse onctueuse avec de vrais morceaux d’expériences.

Publicités