Groupe de travail n°2 – Rapport à paraître en septembre 2013 – Rapporteur : Augustin Laudet

Éduquer aux marges : diagnostics et défis

A l’approche de la rentrée scolaire, il nous parait adapté de préciser le thème de notre deuxième groupe de travail : L’éducation aux marges.

Un nombre croissant d’experts dresse un état des lieux alarmant sur l’Education Nationale en France pointant la baisse constante du niveau scolaire global des élèves. Un enfant sur cinq qui entre en sixième ne maîtrise pas le langage (lire et écrire avec précision) : cette situation est d’autant plus paradoxale que nous sommes entrés dans une « société de la connaissance », où la maitrise de la langue est nécessaire à l’assimilation d’un savoir et à la socialisation.

Plus préoccupant encore, on observe des écarts grandissants au sein même de l’Education Nationale, alors que la mission qu’elle s’est donnée lors de sa création était de démocratiser l’accès au savoir et promouvoir ainsi la notion d’égalité si chère à notre République. Or les écarts de niveaux n’ont jamais été si grands entre centres et périphéries, entre villes et campagnes.

Sans sombrer dans un catastrophisme alarmiste et vain, sans considérer que les générations à venir vont peu à peu sombrer dans l’illettrisme, il nous semble juste de penser que l’Education Nationale ne remplit plus sa mission auprès des populations les plus fragilisées. La question de sa responsabilité dans la marginalisation se pose.

Cette crise de l’école, qui prend des formes très variées allant de la crise de l’autorité au désaveu de la notion de travail en faveur de celle du jeu, nous amène à repenser l’éducation dans son essence convaincus qu’ « une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toute faite, c’est-à-dire par des préjugés » comme l’écrivait Hannah Arendt dans La crise de la culture. Cette crise de l’école s’inscrit dans une crise plus large, celle de l’éducation. Aucune solution pérenne ne pourra lui être trouvée sans restaurer le lien de confiance entre l’école et la famille première éducatrice.

Ce travail de fond sur la notion d’éducation, comprise comme une instruction autant qu’un processus d’humanisation nous aidera à diagnostiquer ces marges et les processus qui les engendrent. En effet, si certaines populations s’excluent elles-mêmes du système éducatif il existe aussi et surtout des populations progressivement écartées du système scolaire sans qu’une réelle alternative soit proposée.

C’est cette marginalisation que nous étudierons, en tentant d’analyser les défis qu’elle pose à la société civile, et les réponses que cette dernière doit y apporter. Nous sommes en effet convaincus que l’on juge la pertinence et la force d’un système éducatif à sa capacité à s’adapter aux plus faibles et plus défavorisés, sans pour autant promouvoir le nivellement par le bas.

Membres du groupe :

Alix Sebaux, Ambroise Piganeau, Augustin Laudet, Gaëlle Humbert, Isaure d’Andigné, Jean Rovani, Jeanne de Richemont, Jeanne-Marie Martin, Marc Leroy, Marc Miglietti, Olivier Guillaud, Raphaëlle de Monteynard, Thibault Gauthier

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