Compromis et compromissions

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Notre société dite postmoderne repose sur la primauté de l’individu. Celui-ci est à la fois à émanciper des attaches qui l’obligent et à encourager dans ses projets et choix de vie. Si la société connaît alors une crise de désaffiliation sans précèdent, il n’y a là qu’un risque nécessaire à courir pour que les possibles s’ouvrent et que tous les horizons soient atteignables. Avec d’évidentes nuances, on ne trouvera pas beaucoup de mouvements structurés, à l’exception des fondamentalismes qui sont eux-mêmes aussi une modalité d’affirmation individuelle, pour contredire cette vision. Une exception notable et décisive est cette lame de fond qui cherche à retrouver dans notre monde occidental un sens de la limite. Limites économiques : le marché n’est ni un absolu ni une machine autorégulatrice qui crée nécessairement une plus grande homogénéité dans le monde globalisé ; limites politiques : nos pays et nos continents, tout en restant ouverts, ont besoin d’être délimités pour définir précisément les lieux où le politique se fait à une échelle humaine ; limites écologiques : la planète n’est pas à notre disposition comme une simple réserve de ressources mais un jardin à protéger et à honorer et enfin, bien sûr, les limites anthropologiques : l’humain est lui aussi à protéger dans sa filiation reçue et dans sa dignité intrinsèque de ses commencements à sa fin. La France a été durant ces dernières années une des pionnières mondiales de ce mouvement et des catholiques français, sans exclusive, y ont joué un rôle décisif. Aujourd’hui, beaucoup regrettent que ces idées qui ont remporté tant de victoires culturelles ne soient pas en position d’influencer nettement les 5 années à venir. On s’apprête à faire tel ou tel choix, forcément un peu désabusé. Renaît alors une vieille tentation, celle de la caricature de ces idées, qui fait face à leur négation radicale et « progressiste ». D’aucuns pensent en effet, sincèrement, que la proposition de lier nos idées sur la haute dignité de la personne à un projet radical et populiste – c’est-à-dire fondé sur une juste perception des colères et aspirations populaires transformée en réponses démagogiques et exclusives – est une solution satisfaisante. Ils en ont bien sûr le droit mais on ne peut omettre une réflexion nourrie sur un temps un peu plus long. Quand bien même les réformes « sociétales » justement honnies seraient défaites, la victoire serait-elle pérenne alors qu’une part très importante de nos contemporains liera ces décisions avec tout le reste d’un programme qui ne pourra pas ne pas diviser profondément le pays ? Ne verra-t-on pas renaître l’accusation d’un pharisaïsme étriqué, attaché uniquement à la rectitude des mœurs et à la conservation de nos identités ? Comment continuera-t-on le combat culturel ? Ces questions ne sont pas rhétoriques. Tout l’art de la politique est de distinguer les compromis justes et nécessaires des compromissions mortifères. Si une tradition politique et une attention particulière aux transgressions éthiques et familiales nous inclinent à y veiller scrupuleusement avec la gauche culturelle, cela ne doit pas aujourd’hui être univoque. Quel que soit notre vote de dimanche, refusons-nous résolument à hypothéquer un avenir qui aura besoin, quelle que soit la majorité, quel que soit le président, quel que soit le contexte économique et social, de la voix de ceux qui veillent sur les « pierres d’angle » de notre culture commune.

Louis Manaranche

Dimanche…

Chers amis,

 

Depuis maintenant 4 ans, Fonder demain a proposé son regard de convictions et ses compétences à nos élus et à nos candidats. Ses travaux ont suscité un intérêt très large, de Dominique Potier à Hervé Mariton en passant par Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Fromantin ou encore François Fillon.

Chaque ami de Fonder demain reste évidemment et éminemment libre de voter en conscience pour le candidat de son choix. Néanmoins, il est notre devoir, comme bureau, de vous faire savoir que sur les questions éducatives, sociales ou encore de laïcité et d’identité collective, nos travaux ont été une source de réflexion, et plusieurs de nos membres des travailleurs acharnés, dans la formation du programme du candidat de la droite et du centre.

Cette semaine, la campagne laisse à tous un goût d’amertume. Alors que la France fait face à des défis sans précédent, les derniers mois ont donné du monde politique une image profondément dégradée où le fond n’a été traité que très superficiellement au profit de querelles de personnes et d’affaires en tout genre.

Durant ces 4 jours qui nous séparent de l’élection, nous vous invitons à vous replonger sereinement dans le programme et le projet de chacun des candidats et à vous demander lequel embrasse le mieux nos aspirations et nous remet en mouvement pour le renouveau de notre pays.

Quoi qu’il en soit, nous serons avec vous avec de nouveaux projets dès cet été !

 

A très bientôt, avec hâte !

 

Votre bureau

 

Un nouvel élan

Votre think tank n’est pas en sommeil ! Si, depuis quelques semaines, son actualité s’est faite plus discrète, c’est pour deux raisons :

  • le temps de la diffusion des idées, plus que de l’élaboration de nouveaux rapports, est arrivé ! Les rapports éducation, pauvreté, défense etc. ont été remarqués avec intérêt dans la sphère politique et ont servi d’appui pour une réflexion préparatoire à l’élection de 2017
  • un rapprochement en cours avec… l’Institut Thomas More dont le professionnalisme et l’ancrage dans le monde des idées politiques devrait permettre à Fonder demain de rayonner encore davantage.

Rendez-vous en janvier pour en savoir plus ! Les besoins ne manqueront pas…

Un horizon qui s’éclaircit…

La parution de L’Âme française est certainement une des plus belles surprises de ce printemps. Denis Tillinac y offre une méditation vive et vigoureuse sur ce qui constitue le panthéon de la droite française. De Chateaubriand à de Gaulle en passant par Cyrano, l’auteur dresse la liste des grandes figures que la culture politique de droite peut et doit, non pas opposer, mais offrir comme complément aux Louise Michel, Jaurès ou Blum du camp adverse. Il ne s’agit pas ici de cliver. L’âme « conservatrice » se veut généreuse et ouverte et accepte fort aisément de reconnaître la noblesse voire le bien-fondé de luttes et de causes qui n’ont pas historiquement été les siennes. Il s’agit en revanche de donner une forme littéraire, culturelle, historique et spirituelle à ceux qui tendent à croire que l’homme n’est pas appelé au progrès mais à la barbarie s’il refuse tout enracinement. Ce faisant, Tillinac rappelle avec force à la droite politique qu’elle a une civilisation à continuer et que sa finalité n’est de tomber ni dans la caricature nostalgique et identitaire, afin de glaner quelques voix, ni dans le primat absolu de l’économie – la plus libre possible – et de la technique qui, autant que le déracinement, rendent l’humanité barbare.

Un tout récent collectif, Horizon, entend se placer sous les auspices de Tillinac et de son regard profond pour influer sur la primaire de la droite et du centre. Fonder demain, dont la charte et les rapports entendent précisément offrir une réflexion politique riche d’un héritage culturel et anthropologique qui nous oblige, salue et soutient cette initiative !

Mercredi 16 décembre : Aimer et faire aimer la France

16 décembre

Le mercredi 16 décembre 2015, Sens Commun organise, de concert avec Fonder Demain et l’UNI, une soirée de réflexion à la Mairie du 17ème arrondissement sur le thème « Aimer et faire aimer la France ».

« A nos yeux, la réponse à l’Etat islamique ne sera pas seulement sécuritaire, elle sera aussi et surtout culturelle ! » affirmait Madeleine de Jessey en introduction de la soirée organisée par Sens Commun sur le thème « Gagner la guerre contre Daech ». C’est cette réponse culturelle que les intervenants essaieront de définir le 16 décembre.

Pour des raisons de sécurité, INSCRIPTION OBLIGATOIRE et gratuite dans la limite des places disponibles.

8 500 000 : l’état de la pauvreté en France

FD pauvreté8 500 000, le rapport de Fonder Demain sur l’état de la pauvreté en France, est maintenant disponible en librairie (« Librio », Ed. J’ai Lu, 3 €). Pour le commander en ligne, c’est ICI.

8 500 000, c’est le nombre de personnes en situation de pauvreté en France, un chiffre qui n’a cessé de progresser depuis les années 2000. Aujourd’hui, pas moins de 14% de la population sont touchés par la pauvreté. Ces chiffres alarmants révèlent une crise du lien social qui ne pourra être résolue sans une solidarité inventive.